Tchernobyl, de plus en plus d’animaux sauvages aux alentours ?

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Alors que le 26 avril marquera le 30è anniversaire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, une étude démontre que la nature a repris ses droits sur le site.

Le 26 avril prochain, ça fera 30 ans que la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, reconnue comme la plus grave du XXème siècle, a eu lieu. Petit rappel des faits : le 26 avril 1986, en “République socialiste soviétique d’Ukraine”, une augmentation incontrôlée du réacteur n°4 de la centrale entraîne sa fusion. Cela provoque une explosion, la libération d’importantes quantités d’éléments radioactifs dans l’atmosphère et, fatalement, la contamination de l’environnement et de nombreuses maladies et décès à cause de ces irradiations. Aux alentours, 200 000 habitants ont été évacués, mais parfois pas tout de suite, comme ça a été le cas pour la ville de Pripiat située pourtant à 3 km de la centrale. Elle fait aujourd'hui partie des lieux les plus sordides. Depuis, c’est une région fantôme. Les quelques personnes qui vivent malgré tout dans les villages voisins ont une espérance de vie qui ne dépasse pas 50 ans. Dans ces conditions de la zone d'exclusion de Tchernobyl, la vie sauvage y a-t-elle encore sa place ? Selon une étude menée par des scientifiques du Savannah River Ecology Laboratory de l’Université de Géorgie, la nature reprendrait peu à peu ses droits !

Tchernobyl, de plus en plus d’animaux sauvages aux alentours ?
Tchernobyl, de plus en plus d’animaux sauvages aux alentours ?

Pour cette étude, publiée dans Frontiers in Ecology and the Environnement, les scientifiques se sont équipés de 30 caméras. Pendant 5 semaines, sur 94 sites différents et plus de 2000 km², un appareil photo télécommandé installé dans un arbre a pris des photos chaque fois qu’il détectait une présence. Ces stations avaient aussi un vaporisateur d’odeur d’acide gras censée attirer les éventuels animaux qui passaient par là. Résultat ? Ils ont vu passer des loups gris, des sangliers et des renards à la recherche d’eau et de nourriture dans les zones les plus contaminées. Ce sont surtout des carnivores, qui sont souvent plus petits que les animaux végétariens, qu’ils voulaient capturer, car ce sont des bons indicateurs sur la richesse de la faune. C'est aussi parce que leurs proies ont plus de chances d’être contaminées à force de fouiller le sol. Ils sont donc plus sensibles à la bioaccumulation de contaminants. En français, ça veut dire plus susceptibles d’absorber certaines substances chimiques parfois rares dans l’environnement. “Peu d’études sur Tchernobyl se sont penchées sur les effets du niveau de contamination en lien avec les populations d’espèces situées si haut dans la chaîne alimentaire”, a expliqué M. Beasley, un professeur de l’Université. Malgré tout, Tchernobyl pourrait ne pas avoir empêché la vie sauvage de perdurer. Et vous, que pensez-vous de la présence de ces animaux ?

Source : Frontiers in Ecology and the Environnement, Pieuvre.Ca, Euronews, Wikipedia